Biographie

Cordell Barker

Né à Winnipeg en 1956, Cordell Barker amorce sa carrière en 1974, travaillant pour l’émission télévisée Sesame Street et participant à plusieurs campagnes publicitaires. Il entre à l’ONF en 1982 et y signe un premier film, The Cat Came Back (1988), qui remporte un succès public phénoménal, récolte 16 prix ainsi qu’une mention pour un Oscar. Il retourne ensuite travailler dans le milieu de la publicité, où il est responsable de campagnes prestigieuses (Bell Canada, Nike, Coke, etc.), puis revient au cinéma avec Strange Invaders (2002), autre succès spectaculaire, autre moisson de 16 prix et nouvelle sélection pour un Oscar. Runaway (2009), son troisième film et sa troisième collaboration avec l’ONF, est aussi une comédie absurde masquant une satire sociale. Cinéaste du rythme, de l’action et du récit, Cordell Barker apprécie ce genre qui lui permet de mettre à profit son sens de l’humour dévastateur.

L'œuvre de Cordell Barker

L’œuvre de Cordell Barker s’inscrit dans la foulée de celle de Richard Condie et a contribué à faire de Winnipeg le haut lieu de l’animation canadienne. En seulement trois courts métrages, Barker a imposé un style limpide et rythmé, reposant sur l’action et l’enchaînement rapide des gags, ainsi que sur un graphisme simple dominé par des lignes franches et l’emploi de couleurs saturées. Son premier film, The Cat Came Back (1988), illustration d’une vieille chanson populaire, raconte l’histoire tragi-comique d’un homme solitaire incapable de se défaire d’un embarrassant chaton. Construit comme un crescendo implacable, The Cat Came Back montre la remarquable maîtrise avec laquelle le cinéaste parvient à provoquer le rire. Le film remporte 16 prix, est sélectionné pour l’Oscar du meilleur court métrage d’animation et impose l’humour absurde et un brin sadique du cinéaste. Après un long intermède passé à travailler notamment pour diverses campagnes publicitaires, Barker revient treize ans plus tard avec un deuxième court métrage. C’est Strange Invaders (2001), dans lequel un couple trouve un bien étrange enfant, cadeau inattendu qui transforme rapidement leur existence paisible et ordonnée en un cauchemar de tous les instants. Pour cette comédie de science-fiction, le cinéaste, lui-même père de famille, avoue s’être inspiré de sa propre situation. Encore une fois, le film est accueilli avec enthousiasme : deuxième sélection pour un Oscar, 16 autres prix. De son passage dans le milieu de la publicité, Barker a retenu un imparable sens du punch et une exceptionnelle efficacité narrative. Ces qualités sont aussi au cœur de Runaway (2009), son troisième film, pour lequel il utilise pour la première fois un logiciel d’animation 3D. Son esthétique reste toutefois inspirée de l’animation traditionnelle: si la technique change, l’esprit reste le même.