Le comité directeur du Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue a choisi Le peuple invisible comme film d'ouverture pour son édition 2007. Ce sont trois " gars du bout " qui composent ce comité. Nés dans la région, en territoire algonquin, ils y vivent encore. Parmi les raisons qui les ont amenés à cette sélection, celle-ci : " Y'a rien qu'on savait dans ce documentaire-là. " On peut facilement imaginer que le reste de la population non plus ne connaît rien aux Algonquins. Il y a quelques années, à la fin d'une conférence sur la foresterie donnée au cégep Saint-Laurent, on posait aux étudiants de l'auditoire la question suivante : " Il y a un peuple qui vit depuis au moins 6 000 ans entre Laval et Val d'Or. Comment s'appelle-t-il? " Sur 150 étudiants, deux ont pu le nommer.
Une histoire de fantômes familiers. On les voit parfois se promener le long de la 117 dans le parc La Vérendrye. Où vont-ils, d'où viennent-ils? Notre précédent documentaire, L'erreur boréale, avait pénétré suffisamment dans leur société pour que nous profitions d'un accueil favorable. Sans aucune retenue, les Algonquins nous ont ouvert leurs cœurs. Et ces cœurs sont serrés. Ils sont à peu près 9 000, le même nombre qu'à l'époque du contact avec les blancs. C'est dire comment ils ne l'ont pas eu facile.
Une poignée de bons documents universitaires très peu diffusés et quelques historiens en marge des courants officiels nous ont aidés à reconstituer la pérégrination algonquine. Nous n'abordons pas beaucoup les formes de l'avenir de ce peuple, qui oscillera quelque part entre son extinction et l'expropriation de Mont-Tremblant, établi sur un territoire que les Algonquins n'ont jamais cédé.
Richard Desjardins et Robert Monderie,
Réalisateurs