Réalisateur prolifique, Luc Bourdon est l’une des figures marquantes de l’art vidéographique au Canada. Depuis plus de 25 ans, il a signé une cinquantaine d’œuvres de genres divers – documentaires, fictions, expérimentations – plusieurs d’entre elles prenant pour sujet les arts et la culture (Ne retenez pas votre souffle 1986; Question de bande, 1998, De la parole aux actes, 2000, La grande bibliothèque, 2005). Ces productions ont en commun la place prépondérante qu’elles font à l’histoire et à la mémoire, notions qui sont aussi au cœur du premier film qu’il réalise au sein de l’Office national du film du Canada, La mémoire des anges (2008).
Au cours de la décennie 1980, Luc Bourdon se fait connaître grâce à des bandes singulières comme Distance (1984, coréalisé avec François Girard), Touei (1985) et The Story of Feniks and Abdullah (1988), qui témoignent de son originalité et de son esprit de recherche. Ces réalisations de jeunesse montrent déjà la propension de l’artiste à privilégier un langage et des formes poétiques, misant sur les sensations plutôt que sur l’illustration cartésienne. Point de fuite (1995) illustre cette tendance avec éloquence, tout comme d’ailleurs La mémoire des anges. Au fil de sa carrière aux multiples facettes avenues, Luc Bourdon s’impose ainsi comme un expérimentateur inlassable, proposant des univers impressionnistes et immersifs (voir Classes de maîtres, 2008, sur le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec), s’appliquant à une démarche de renouvellement des images en mouvement qui passe par une approche ludique des images et des sons.
À quelques reprises, il abandonne la monobande pour réaliser des installations vidéographiques, par exemple en 1986 lorsqu’il coréalise Promenades lumières avec Josette Bélanger dans le cadre des Cent jours d’art contemporain de Montréal, ou encore en 1992, lorsqu’il signe Quinto et Hommage, deux installations diffusées notamment à la galerie Oboro, et À mille lieux créé au Marché Bonsecours dans le cadre des célébrations entourant le 350e anniversaire de la fondation de Montréal. Dans le même esprit de curiosité pour les différentes formes artistiques, il collabore avec le milieu théâtral, notamment avec René-Daniel Dubois en 1997 à l’Espace Go pour la mise en scène des Guerriers de Michel Garneau et en 1999 pour Le roi se meurt d’Eugène Ionesco. Sa pratique soutenue et multiforme vaut à Luc Bourdon, en 1998, le prix Bell Canada décerné par le Conseil des Arts du Canada.
Personnalité dynamique de la vidéo et du cinéma au Québec, il a été associé à divers groupes d’artistes et organismes culturels. Ainsi, il a été membre du Vidéographe de 1982 à 1998, et membre des Films de l’autre de 1990 à 1996. En plus de son travail de réalisateur, il enseigne la pratique vidéographique dans diverses universités depuis 1994. De 2000 à 2003, il est directeur artistique et directeur général du Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal.
Luc Bourdon a aussi participé à divers comités de réflexion en plus d’organiser de nombreux événements de diffusion : La quinzaine de la vidéo (1989, 1998), Heures exquises! (1993), School’s Out (1995), etc.