Le nœud cravate raconte
avec force la quête de Valentin, celle du sens de la vie. Habilement, le film illustre l'effacement de la personnalité de cet employé mod&egave;le qui, par un travail aliénant, en vient à oublier ses passions premi&egave;res. Au fil des anniversaires, l'espoir fait place à l'ennui, les aspirations de jeunesse s'estompent jusqu'à disparaître, la révolte émerge un instant, mais le désespoir risque de remporter la victoire.
Le jour de ses 40 ans, c'est un accordéon oublié dans un placard qui ravivera Valentin et lui donnera l'envie de vivre, comme au temps des belles illusions.
C'est avec finesse et un admirable sens du détail que le cinéaste Jean-François Lévesque met en sc&egave;ne son histoire. Le mélange astucieux d'animation de marionnettes et de dessins animés renforce le contraste entre Valentin – personnage touchant et tout en émotions – et ses patrons, figures de carton en deux dimensions, sans couleur ni volume, sans âme ni profondeur.
Le nœud cravate jette un regard critique sur les pouvoirs apparemment immuables, la déshumanisation par le travail et l'espoir retrouvé en dépit de tout.